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Aznar Berco Marina

par
le 1er avril 2013

Doctorante au Laboratoire de Changement Social, Université Paris-Diderot- Paris 7

Contact : marina.aznar@wanadoo.fr

Champs/domaines/thèmes de recherche

  • Immigration
  • Exil
  • Transmission
  • Construction identitaire
  • Lien social.

Thèse

Titre du projet de thèse : « L’impensé et les non-dits de l’immigration »
Directrice : Florence Giust-Desprairies

Résumé

Nous partons du postulat que la question de l’ « immigration » doit être entendue à partir de la parole du sujet migrant et de l’expression de son éprouvé, à la fois dans la complexité du processus migratoire et sa diachronie, à la convergence de l’intra-psychique et des dimensions socio-historiques, dans la synchronie.

Penser l’exil comme un conflit existentiel, une expérience vécue dans une histoire et non pas seulement comme un conflit avec le milieu. Avec le déplacement d’un site fictionnel vers un autre, il y a un risque de dislocation du lien, du sujet à ses altérités, faute de pouvoir s’étayer sur la fiction du pays d’origine tout comme celle du pays donnant l’hospitalité.

Considérer l’exil comme une expérience c’est donc l’envisager dans la dimension « créative » de ce processus, penser que cette épreuve est appelée à « être traversée ». L’expérience de la migration appréhendée comme un « acte de résistance créatrice », l’inscription dans un « projet » au sens sartrien, le fait que le sujet migrant puisse instaurer un travail de liaison entre les représentations culturelles de la société d’accueil et celles de sa culture d’origine apparaît comme un impensé. Au-delà de la connotation négative du terme d’ « exil » qui renvoie au « bannissement » dans le langage courant et donc à l’idée d’un non choix, d’une absence de liberté, de contrainte liée à l’acte de s’exiler, nous concevons l’exil comme un « arrachement à » : s’arracher à un ancrage premier, à des déterminismes et changer ainsi le cours de son histoire sociale.

C’est cette dimension de l’agir dans la migration qu’il nous semble important d’appréhender comme un acte de « liberté » même si l’acte de migrer renvoie à des raisons souvent liées à des contraintes économiques. « Acte de liberté » qui conduit le sujet, selon Sartre, au dépassement d’une situation, à partir d’un projet (celui de migrer) c’est-à-dire une façon de se « pro-jeter », de se situer dans un futur obligeant à un dépassement de soi que le sujet poursuivra continuellement à travers cette expérience de l’arrachement. Ou encore « liberté » qui renvoie au projet « d’autonomie » tel que défini par Cornelius Castoriadis, ad-venir un sujet « autonome » , c’est-à-dire non gouverné par l’extérieur, non assujetti aux désirs de l’autre, à une image de lui-même projetée par l’autre ou une forme de domination qui le conduit à incorporer les codes de la société d’accueil et à nier son héritage.

Nous souhaitons également appréhender l’expérience de l’exil vécue par le sujet comme inséparable du social-historique : l’individu et le collectif s’interpénètrent tout en étant distincts. L’individu n’est pas le groupe, il ne se définit pas par sa seule appartenance au groupe mais la rencontre avec l’autre, le regard de l’autre influent sur la construction de son identité. Comme l’exprime Piera Aulagnier, il existe un savoir du Je sur le Je représentable car le projet identificatoire est indissociable du discours d’ensemble. Nous porterons une attention particulière aux incidences de la disqualification sociale et culturelle sur le sujet en étudiant l’articulation entre les deux registres : subjectif et social. A travers cette question, c’est aussi celle de la transmission (et de ses « non-dits ») aux descendants de cet « héritage » de l’expérience subjective de l’exil indissociablement lié au politique et aux significations imaginaires de la société que le sujet rejoint, que nous souhaitons aborder.